Arthur Lepla, une nouvelle génération derrière l’objectif
À seulement 16 ans, Arthur Lepla fait déjà partie des visages familiers des grandes scènes pyrotechniques.
Depuis plusieurs années, il accompagne son père, le photographe Frédéric Lepla, sur de nombreux spectacles à travers l’Europe.
Annecy, Bruxelles, Marseille, Malte ou encore les Masters de Feu… derrière l’objectif, Arthur apprend à observer le spectacle avec le regard d’un photographe, entre patience, précision et passion.
Dans l’univers de la photographie pyrotechnique, où l’instant ne se répète jamais, cette transmission père-fils donne naissance à un regard nouveau sur les spectacles.

Une passion née très jeune
Arthur Lepla a découvert la photographie de feux d’artifice très tôt.
Il accompagne son père sur les spectacles depuis l’âge de sept ans.
Ses premières photos remontent à 2016, lors d’un spectacle au château de Chantilly. À l’époque, le jeune photographe se souvient avec amusement de la récompense promise après ses premières images réussies :
« Comme paiement, j’avais eu un set de Lego. »
Mais au-delà de cette anecdote, c’est surtout la fierté de voir apparaître les images sur l’écran de l’appareil qui l’a convaincu de continuer.
Avant même de prendre ses premières photos, Arthur avait déjà assisté à plusieurs spectacles pyrotechniques. L’univers des feux d’artifice le fascinait déjà.
Apprendre la photographie aux côtés de son père
L’apprentissage s’est fait progressivement, au fil des spectacles.
Au début, tout était préparé pour lui : appareil installé, trépied réglé, cadrage défini.
Son rôle consistait simplement à déclencher la prise de vue au bon moment, guidé par la voix de son père.
Peu à peu, Arthur apprend à maîtriser les réglages, à installer le matériel et à comprendre la logique de la pose longue, essentielle en photographie pyrotechnique.
Aujourd’hui, il dispose souvent de son propre point de vue sur les spectacles, parfois à plusieurs centaines de mètres de celui de son père.
« Au début j’étais juste à quelques mètres de lui. Maintenant j’ai mon propre spot photo dédié, parfois à l’autre bout de la ville du spectacle. »
L’apprentissage passe aussi par l’expérimentation… et parfois par une petite désobéissance.
« Au début je suivais exactement ses indications. Puis j’ai commencé à déclencher un peu plus tôt ou un peu plus tard. C’est comme ça que j’ai appris à gérer mes temps d’exposition. »

Chercher la bonne composition
Pour Arthur, photographier un feu d’artifice ne consiste pas seulement à capturer des explosions dans le ciel.
La composition de l’image reste essentielle.
« J’essaie d’abord d’avoir un paysage qui reste beau même sans pyrotechnie. La composition du lieu est importante, et les explosions viennent magnifier l’image. »
Cette approche rejoint celle de nombreux photographes de spectacle : le feu d’artifice devient un élément d’un tableau plus large.
Même si l’émotion reste toujours liée à l’explosion dans le ciel.
Anticiper le spectacle
Contrairement au spectateur, le photographe doit anticiper.
Pour préparer ses images, Arthur regarde souvent la simulation virtuelle du spectacle afin de comprendre la dramaturgie et les moments forts.
Cela lui permet de choisir les bons temps de pose et d’éviter des images trop chargées ou au contraire trop vides.
« Pour être professionnel, je regarde le spectacle plusieurs fois en simulation afin de prévoir mes temps d’exposition. »
Des souvenirs marquants sur les grandes scènes
Parmi les spectacles qui l’ont le plus marqué, Arthur cite la Fête du lac d’Annecy 2025, l’un des plus grands spectacles pyrotechniques d’Europe.
Avec près d’une heure et demie de spectacle sur le lac, chaque tableau apporte une nouvelle ambiance visuelle.
« C’était presque 1h30 de spectacle sans s’ennuyer, chaque tableau apportait quelque chose de nouveau. Et j’avais un spot superbe sur un ponton juste devant le spectacle. »
Annecy, Malte, Bruxelles, Marseille ou encore les Masters de Feu font aujourd’hui partie de ses souvenirs marquants.

La chance d’être au cœur du spectacle
Photographier un feu d’artifice signifie souvent se trouver dans des positions privilégiées.
Une proximité rare avec le spectacle, mais aussi une responsabilité.
« C’est là qu’on se rend compte de la chance qu’on a d’être si proche du show et de la confiance qu’on nous accorde pour réaliser les photos. »
La patience du photographe
Parmi les qualités essentielles que lui a transmises son père, Arthur cite sans hésiter la patience.
Certains points de vue demandent parfois des heures d’attente.
« À Malte par exemple, il a fallu attendre longtemps pour garder notre spot. Au début je trouvais ça un peu ennuyant, mais j’ai compris que c’était nécessaire pour avoir certains points de vue uniques. »
Dans les grands événements, les meilleurs emplacements sont souvent disputés.
Un regard de spectateur avant tout
Malgré son rôle de photographe, Arthur explique qu’il regarde toujours un spectacle comme un spectateur.
« Je pense que c’est important pour prendre des photos qui parlent aux gens. J’essaie d’imaginer ce que le spectateur aimerait voir dans l’image. »
La difficulté principale reste souvent le choix du point de vue.
« Pour l’instant je délègue encore ce choix, mais j’essaie de repérer les alentours pour trouver de nouveaux spots. »

L’image qui reste
Après le spectacle, vient le temps du développement des images.
C’est souvent à ce moment que le regard critique du photographe apparaît.
« Juste après le spectacle je vois ce que j’aurais pu améliorer. Mais quelques mois plus tard, les photos me rappellent surtout la préparation, le trajet et le moment du spectacle. »
La photographie devient alors la mémoire de l’événement.
Un rêve de photographe
Comme beaucoup de photographes de pyrotechnie, Arthur rêve encore de certains spectacles mythiques.
Parmi eux :
le feu d’artifice du Nouvel An à Sydney, avec le pont Harbour Bridge et l’Opéra en toile de fond.
« Les explosions au-dessus du pont avec l’Opéra offrent une composition incroyable. »
Entre photographie et architecture
Aujourd’hui en terminale, Arthur prépare aussi son avenir.
Il envisage de poursuivre des études d’architecture, un domaine qui rejoint finalement sa passion pour l’image et la composition.
Mais la photographie restera toujours une place importante.
« C’est une passion qui me permet de découvrir le monde et de vivre des expériences uniques. »

Profil
Arthur Lepla
Photographe de spectacles pyrotechniques
Il accompagne depuis plusieurs années son père, le photographe Frédéric Lepla, sur de nombreux spectacles internationaux. Passionné par la photographie et les paysages urbains, il développe progressivement son propre regard sur les spectacles pyrotechniques.
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