Frédéric Lepla, capturer l’instant et prolonger la magie du feu
Un spectacle pyrotechnique ne dure que quelques minutes.
Une fois la dernière étincelle retombée, il ne reste que des souvenirs.
Et parfois, une photographie.
Depuis plusieurs années, le photographe Frédéric Lepla accompagne certains spectacles ARTEVENTIA et en capture les images les plus marquantes. Son regard permet de prolonger l’émotion d’un instant par nature éphémère.
À travers ses photographies, la lumière devient matière, la composition pyrotechnique se transforme en tableau et le spectacle continue d’exister bien après le tir final.

Une passion de la photographie avant tout
Frédéric Lepla n’est pas arrivé dans la pyrotechnie par hasard. Photographe professionnel, il exerce d’abord dans la photographie événementielle et notamment la photographie de mariage.
Avec le temps, l’envie de diversifier son regard et ses sujets l’amène naturellement vers d’autres univers visuels : spectacle, événementiel, lumière.
La rencontre avec la photographie de feu d’artifice se fait presque par hasard, lors d’une sortie familiale à Ambleteuse, sur la côte d’Opale.
Ce soir-là, il photographie le feu du 15 août tiré depuis le fort Vauban.
L’expérience est immédiatement marquante.
Photographier la lumière
Photographier un feu d’artifice est un exercice très particulier.
Contrairement à la vidéo, qui capture un instant extrêmement court, la photographie pyrotechnique repose souvent sur la pose longue.
Pendant quelques secondes, le capteur de l’appareil enregistre la trajectoire complète du produit : la montée, l’explosion et les retombées.
Cette technique transforme le spectacle.
« On triche un peu, et on magnifie le show. La pose longue permet d’avoir tout le tracé du produit et son explosion entière sur la pellicule numérique. »
L’image finale n’est plus seulement un instant : elle devient une composition.

Entre poésie et puissance
Lorsqu’il photographie un spectacle, Frédéric Lepla cherche à capturer deux dimensions complémentaires.
La puissance brute du feu… et la poésie qu’il peut produire.
Certains effets demandent des temps de pose longs, notamment les cascades ou les effets de feuilles mortes. D’autres, comme les bouquets finaux très chargés, nécessitent des temps de pose plus courts pour préserver la lisibilité de l’image.
Chaque photographie devient alors un équilibre entre technique et sensation.
Un paysage avant le feu
Contrairement à beaucoup de photographes passionnés de pyrotechnie, Frédéric Lepla ne cherche pas uniquement à immortaliser les explosions dans le ciel.
Son approche est celle d’un photographe de paysage.
Selon lui, une photographie réussie de feu d’artifice commence d’abord par le cadre : un monument, un bâtiment emblématique ou un paysage fort.
La composition pyrotechnique vient ensuite magnifier ce décor.
« Pour moi, une bonne photo de feu d’artifice est d’abord une photo de paysage avec un symbole fort du lieu, sublimé par la composition pyrotechnique dans le ciel. »

L’anticipation du spectacle
Photographier un spectacle demande aussi une compréhension de sa dramaturgie.
Frédéric Lepla anticipe les moments clés, cherche à comprendre les intentions du concepteur et à se placer au bon endroit.
L’anticipation est essentielle pour capter l’instant juste.
Mais une fois le spectacle lancé, il aime aussi redevenir simple spectateur et se laisser porter par l’émotion.
Montréal, un souvenir marquant
Parmi les spectacles qu’il a photographiés avec ARTEVENTIA, celui de Montréal reste particulièrement marquant.
Le site du parc d’attractions de La Ronde, avec ses manèges illuminés et son ambiance unique, offre un cadre spectaculaire.
Le concours international qui s’y déroule est souvent considéré comme l’un des plus prestigieux au monde.
« Montréal, c’est un site iconique. Un véritable graal des concours pyrotechniques. »

La technique au service de l’instant
La photographie pyrotechnique exige une préparation minutieuse.
Stabilité du trépied, choix du point de vue, direction du vent, météo : chaque paramètre compte.
Frédéric Lepla utilise parfois plusieurs appareils simultanément pour capturer différentes visions du spectacle.
Mais malgré toute cette préparation, l’élément le plus difficile reste toujours le même.
L’instant.
Comprendre le moment exact où l’image doit être capturée pour retranscrire l’intention artistique du spectacle.
Photographier l’émotion collective
Lorsqu’il photographie un spectacle devant des milliers de spectateurs, le sentiment qui domine est celui d’un privilège.
Certains événements, comme la Fête du lac d’Annecy, offrent des positions d’observation exceptionnelles.
« On se sent privilégié. C’est une grande fierté de pouvoir capturer ces moments. »

Une mémoire visuelle du spectacle
La photographie possède une qualité unique.
Elle fige un instant qui, autrement, disparaîtrait immédiatement.
Depuis près de deux siècles d’existence, la photographie reste l’un des principaux moyens de conserver la mémoire visuelle d’un événement.
« La photographie reste l’élément référentiel pour se souvenir de cette poésie d’étoiles éphémères. »
La vidéo restitue le spectacle tel qu’il est vécu.
La photographie, elle, le magnifie.
La transmission d’une passion
La photographie est aussi devenue une aventure familiale.
Depuis plusieurs années, Frédéric Lepla partage cette passion avec son fils Arthur, qui l’accompagne sur certains spectacles.
Tout commence lorsqu’Arthur, enfant, aide simplement à transporter le matériel.
Peu à peu, son père lui confie un appareil photo, un sac et un trépied.
Les premiers clichés sont guidés à la voix :
« appuie… relâche… regarde le résultat… »
Aujourd’hui, Arthur a seize ans et réalise ses propres prises de vue lors de certains spectacles.
Les deux photographes travaillent parfois depuis des points de vue différents pour obtenir des images complémentaires.
Un véritable travail d’équipe… et de famille.
Composer un tableau de lumière
Si Frédéric Lepla devait résumer sa démarche en une phrase, elle serait simple.
« Je cherche à composer un tableau qui magnifie le cadre en l’associant au spectacle pyrotechnique. »
Il évoque souvent La Nuit étoilée de Van Gogh pour décrire cette vision.
Un paysage calme, un ciel vibrant.
Dans le cas d’un feu d’artifice, les étoiles deviennent simplement… éphémères.
Des horizons encore à explorer
Après avoir photographié des spectacles sur plusieurs continents — du Canada au Vietnam, du Chili à la Papouasie-Nouvelle-Guinée — il reste encore de nombreux horizons à explorer.
Deux destinations font particulièrement rêver le photographe :
l’Australie et le Japon.
Peut-être, un jour, installer son trépied face à un paysage japonais pour capturer un spectacle de hanabi.
Et composer, une nouvelle fois, un ciel d’étoiles éphémères.
Frédéric Lepla
Photographe de spectacles et d’événements
Collaborateur photographique ARTEVENTIA
Spécialités :
-
photographie de spectacles pyrotechniques
-
photographie événementielle
-
pose longue et photographie nocturne
-
captation artistique de spectacles
Site du photographe : https://www.fredericlepla.com/